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La façon dont j'aime la Pologne - ma Pologne - est spéciale. Incompréhensible même, pour ceux qui n'y ont passé qu'une ou deux semaines.
Avez-vous remarqué que même ceux qui partent dans d'autres pays n'oublient pas leur Pologne ? Même après des années, des centaines d'euros et des merveilles pleins les yeix, ils relèveront fièrement la tête à la moindre remarque et répoliqueront : Je suis Polonais !
J'aime cet inéluctable attachement à sa patrie, tout comme l'envie qu'ils nt de se rassembler pour parler leur langue, cette langue si difficile, si inabordable ; cette marque de fabrique qui désigne si bien son pays, unique.
J'aime ma Pologne, elle et ses victoires comme ses défaites. Un peuple courageux, parfois ravagé, parfois dominé, mais qui s'est battu pour sa liberté. Et plus que cette grande et magnifique Pologne, j'aime mon village, Mosina. Je l'aime différemment, de façon unique.
Pas avec passion et voracité, comme j'aime Paris.
Pas avec envie et exaltation, comme j'aime Bruxelles.
Pas avec curiosité et attirance, comme j'aime New York ou Tokyo.
Ces villes, mythiques, sont belles car féériques et mystérieuses. On les aime car on ne les connait pas. Si on apprenait leurs secrets, qu'on savait le nom de chaque rue, qu'on les avait vues dans leurs moindres détails, il ne resterait plus grand chose de leur charme. Elles deviendraient fades.
Or, Mosina, plus j'apprends à la connaître, plus je l'aime, plus la magie opère. Je l'aime avec mon coeur, mon âme, toute ma personne. Je l'aime avec sérénité, comme si c'était le lieu que je cherchais depuis toujours et que je venais de trouver. Je lui appartiens.
Il faut le vivre pour le comprendre. Où d'autre, en 2009, trouverez-vous un jeune qui habite au milieu des bois d'un village, qui aime les fêtes, les gens, la vie, qui doit marcher 1,5 km pour arriver au bahut et qui, en toute sincérité, affirme qu'il ne déménagerait pour rien au monde ? Et où trouverez-vous quelqu'un pour comprendre ce jeune tout en mettant de coté ses préférences personelles, sinon là ? Moi non plus, pour rien au monde, je ne voudrais perdre Mosina.
& Ce n'est pas parce-que les statistiques disent que la Belgique est mieux, ni parce-que la Pologne est moins riche que la Belgique ou que la vie y est plus dure qu'ici que je cesserai de l'aimer =).